On a passé trois jours d’aventure (très) physique à vélo en Savoie, en passant par le Col du Joly et le Cormet de Roselend. Au programme : du surpassement, de la bonne humeur et beaucoup de transpiration !

L’année 2022, c’était celle de nos 30 ans à tous les deux. C’est cliché, mais j’ai l’impression que le cap de la trentaine donne à beaucoup de monde l’envie de se surpasser physiquement. En tout cas, c’était notre état d’esprit lors de l’organisation de cette virée dans les Alpes le dernier week-end de juin : franchir l’impossible ! Plus le dénivelé était important, mieux c’était. Et, si au passage, nous pouvions emprunter des routes en gravier, alors là, c’était le Graal.

Les Alpes Infernales : 72 heures en gravel entre Annecy et Bourg-Saint-Maurice
Les Alpes Infernales : 72 heures en gravel entre Annecy et Bourg-Saint-Maurice

Une bonne condition physique

Nous pratiquons le voyage à vélo depuis 2020. Nous essayons d’aller crescendo dans le niveau de difficulté physique de nos itinéraires.
On a donc logiquement commencé par la Loire à Vélo, un itinéraire plutôt plat et facile, pour aller ensuite dans les Pyrénées ou les Gorges du Verdon, pour aujourd’hui grimper des cols de haute montagne. Nous ne sommes pas les plus grands sportifs, mais avec de l’entraînement, c’est-à-dire une sortie le dimanche dans les alentours à Paris tous les 15 jours (en plus de nous déplacer tous les jours à vélo), nous avons accompli ce sacré challenge de grimper 5250 m de dénivelé positif sur 195 km en 72 heures.

La team

Pour cette aventure, nous sommes partis avec notre petit chien, Kuzco, que Thibault a l’honneur de porter sur son porte-bagage. Partir léger aurait été trop simple !

Et pour encore plus nous challenger, notre ami Charlie était également de la partie. Certes, il n’avait jusqu’alors jamais grimpé de col de montagne à vélo… mais il enchaîne les trails de zinzin de plus de 50 kilomètres. Donc à priori, ça devrait être assez simple pour lui au niveau du physique.

Les Alpes Infernales : 72 heures en gravel entre Annecy et Bourg-Saint-Maurice
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Le Col du Pré
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Le challenge : Grimper 5250 d+ sur 195 km en 72 heures


Annecy est le point de départ de ce sacré challenge. La ville se rejoint facilement depuis Paris en train + vélo. Comme pour le point de départ, il nous fallait une ville bien desservie par le train, et c’est tout naturellement que Bourg-Saint-Maurice est apparu comme le point d’arrivée idéal !

Création de l’itinéraire sur Komoot

C’est à l’aide de Komoot que Thibault a tracé l’itinéraire parfait. L’application est vraiment pratique pour créer des itinéraires grâce aux points de passages incontournables renseignés par les utilisateurs. On découvre des endroits par lesquels nous ne serions sûrement jamais passés… Bref, Thibault est un grand fan de l’application, il pourrait en vendre les mérites pendant des heures !

Les contraintes de l’itinéraire

L’itinéraire a quelques contraintes : celui-ci doit passer par des hébergements que nous avons repérés à l’avance, et où les chiens sont bien sûr acceptés. Nous prévoyons de dormir le premier jour dans un chalet sur les hauteurs de Notre-Dame-de-Bellecombe, puis à l’hôtel Le Christiana à Arêches le deuxième jour. Pas de camping cette fois-ci : on préfère se reposer dans un lit au chaud pour bien récupérer de l’effort (et partir plus léger en n’ayant pas le matériel de camping).

L’itinéraire en quelques mots

Le premier jour, nous longerons le lac d’Annecy, puis emprunterons le Col de l’Arpettaz avant de finir par l’ascension d’une partie du Col de Saisies jusque dans les hauteurs du village de Notre-Dame-de-Bellecombe.
Le deuxième jour, nous attaquerons le dur en rejoignant les Contamines-Montjoie pour franchir le Col du Joly par la station de ski, et ensuite, nous rejoindrons Arêches en passant par Beaufort.
Le troisième et dernier jour, nous enchaînerons avec le Col du Pré, puis le Cormet de Roselend, avant de redescendre sur Bourg-Saint-Maurice.

Notre itinéraire de 3 jours, entre Annecy et Bourg Saint-Maurice (erreurs de parcours comprises 😅)

Les Alpes Infernales : 72 heures en gravel entre Annecy et Bourg-Saint-Maurice
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Le Col du Joly
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Jour 1D’annecy à Notre-Dame-de-Bellecombe, par le Col de L’Arpettaz

Nous arrivons le veille à Annecy, où nous dormons à l’Ibis Budget (un peu à l’écart de la ville, mais le centre est très facilement joignable en bus à proximité immédiate).
L’expérience des voyages à vélo nous a montré plusieurs fois que ce n’était jamais une bonne idée d’enchainer un gros voyage en train avant de repartir direct pour des dizaines kilomètres à vélo. Et c’est vrai, que c’est beaucoup plus agréable de démarrer la journée tout frais le lendemain !

Comme à notre habitude, nous emportons dans nos bagages 3 appareils photos argentiques pour immortaliser l’exploit. J’anticipe les questions sur les modèles d’appareils photos : nous avions un Contax G1, un Leica Minilux et un Leica Minizoom, armés pour les photos en couleur d’une pellicule Kodak Gold 200 et pour le noir et blanc d’une Lomo Lady Grey.

Les bords du lac d’Annecy

La journée commence par 30 kilomètres sur les rives du lac d’Annecy. C’est plutôt plat et c’est le genre de route où l’on peut facilement avoisiner les 25km/h de moyenne sur le vélo. On va tellement vite qu’on oublie même de s’arrêter pour faire quelques photos du lac. La tête dans le guidon, comme on dit !

Le Col de l’Arpettaz

À la sortie d’Ugine, c’est sous une chaleur écrasante que nous débutons l’ascension du Col de L’Arpettaz. Le col n’est pas très connu, mais c’est une sacrée aventure en soit, sur une petite route de montagne avec 40 lacets au compteur (on a lu ça quelque part sur l’internet, mais on n’a pas eu la force de les compter). La pente est assez exigeante, avec une grosse partie à 8%, mais rien d’impossible avec un peu de mental et une forme physique correcte.
Le côté positif de cette montée, c’est que la circulation automobile est quasi-inexistante, dès les premiers kilomètres et jusqu’au sommet. À l’arrivée là-haut, nous savons qu’un des gros morceau de la journée a déjà été accompli !

L’arrivée à Notre-Dame-de-Bellecombe

Il nous reste plus qu’à redescendre et emprunter le début du Col des Saisies jusqu’à Notre-Dame-de-Bellecombe. On ne manque pas les pauses aux refuges pour manger une tarte à la myrtille, faire un petit coucou à la famille de Charlie, et s’arrêter boire une bière au bar. On prend pas mal de retard et on finit la journée sur les rotules (ce n’est jamais une très bonne idée de boire un coup avant de terminer une journée de voyage à vélo).
Les derniers mètres sont pour ma part très difficiles. Je hais pendant les derniers kilomètres de grimpe l’idée de dormir dans un chalet sur les hauteurs de Notre-Dame-de-Bellecombe… Mais contente d’y être enfin arrivée !

Cette journée a été compliquée physiquement, et la journée du lendemain est clairement un niveau au dessus. Je me demande même comment je pourrai réussir à me lever pour repartir !
Si j’avais été seule, je pense que j’aurais choisi une solution facile pour le lendemain, en coupant par la fin du Col des Saisies pour rejoindre Arêches, plutôt que de suivre cette idée saugrenue d’emprunter le Col du Joly depuis les Contamines-Montjoie. Oui, parce qu’il n’y a bien sûr pas de route goudronnée sur ce tronçon.

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Le Col de l'Arpettaz
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Jour 2 De Notre-Dame-de-Bellecombe à Arêches, par le Col du Joly

La nuit a été réparatrice. Au réveil, il n’est plus question de changer d’itinéraire. La trace a été travaillée, retravaillée et re-retravaillée depuis plusieurs mois, et promet d’être assez grandiose avec de beaux panoramas sur le Mont-Blanc. Ça serait dommage de changer nos plans.

Rejoindre les Contamines-Montjoie

Le début de matinée est plutôt facile, avec quelques passages en gravel très fun sur les hauteurs de Megève. Puis, arrive vite Les Contamines-Montjoie, alias le début des emmerdes !
Le début des emmerdes parce qu’on a trouvé peu d’informations sur l’état du chemin pour rejoindre le Col du Joly. Hasard de dingue ou pas, dans le volume n°14 des Others “Paradoxes” reçu juste avant de partir, une de leur team était partie en gravel de Chamonix à Milan, et ils étaient justement passés par ce fameux Col du Joly. S’ils l’avaient fait, il n’y avait aucune raison qu’on ne puisse pas le faire nous non plus !

Le col du Joly

Après un pique-nique le long de la rivière du Bon Nant, on renfourche nos vélos pour s’engouffrer dans le fond de la vallée de Montjoie. La route goudronnée se transforme petit à petit en chemin de randonnée, et nous voilà arrivés au pied du Col du Joly. La pente est raide. Même à pied c’est compliqué, donc on va devoir grimper à pied en poussant le vélo.

Sur le début du chemin, nous croisons énormément de randonneurs. Ils nous regardent tous avec de gros yeux en se demandant “mais qu’est-ce qu’ils foutent ici avec leur vélo ?”. Des habitués nous conseillent vivement de faire demi-tour pour emprunter une piste de ski plus praticable et moins accidentée. Au début on se dit qu’on doit coûte que coûte continuer sur ce sentier de rando, mais la raison l’emporte et on finit par suivre leur recommandation.

Et à vrai dire, on a bien fait de les écouter. Certes, la montée a été interminable sur une piste rouge de ski, même si c’était beaucoup plus facile que l’itinéraire initial. On en vraiment bavé, on a maudit mille fois le poids de nos vélos… mais clairement, le fait d’être tous les 3 dans cette galère nous a surpassé comme jamais, et le plaisir en arrivant au sommet n’a été plus que décuplé… Et quelle vue splendide au sommet du Joly !

L’arrivée à Arêches

Une fois la grosse difficulté de la journée passée, la suite jusqu’à Arêches s’est presque faite les doigts dans le nez (ou pas !). Il y a d’abord une énorme descente technique d’une vingtaine de kilomètres jusqu’à Beaufort. Puis les premiers kilomètres du Col du Pré, certes vraiment pas impressionnants, mais usant avec la journée qu’on a eu, finissent à nouveau de nous achever.
Heureusement, on a réservé une superbe auberge, Le Christiana. En demi-pension à l’ancienne, mais avec une belle décoration moderne et chaleureuse (et le restau est veggie-friendly). Si vous êtes de passage à Arêches, on vous recommande !

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Jour 3 D’Arêches à Bourg-Saint-Maurice, par le Col du Pré et le Cormet de Roselend

Dernier jour de notre séjour dans les Alpes, et deux cols régulièrement gravis par le Tour de France au programme.

Quelques mois auparavant, ces routes, même sous une météo automnale, nous en avaient mis plein les mirettes lorsque nous avions testé le voyage en van. C’était donc une évidence de repasser par ici à vélo.
Pas de chance pour nous le jour de l’ascension, le brouillard est une nouvelle fois de la partie (c’est très courant dans la région). Au moins, sans la chaleur, la montée des deux cols devrait être plus simple.

Le Col du Pré

Le Pré est un sacré morceau à nouveau. On avait techniquement grimpé déjà la moitié depuis Beaufort, mais les derniers kilomètres dépassent souvent les 9% de dénivelé.
Les panoramas sont tous bouchés par les nuages, mais quel kiff de descendre le col pour arriver sur le Lac de Roselend et arpenter son immense barrage. On se sent tellement petits !

Le Cormet de Roselend

Il faut ensuite terminer la grimpette jusqu’au Cormet de Roselend. Et c’est bien plus simple cette fois-ci, d’autant que la température a le mérite d’être agréable pour faire du vélo.
On fait LA photo au sommet, entourés d’une bardée d’autres cyclistes, tous toujours ébahies de voir Kuzco à l’arrière du vélo de Thibault. Puis c’est reparti pour la descente finale jusqu’à Bourg-Saint-Maurice, avec le soleil qui refait enfin surface pour sublimer la végétation et la montagne. La gérante de l’auberge avait vu juste : la météo est souvent beaucoup plus capricieuse à Arêches que par ici !

Les Alpes Infernales : 72 heures en gravel entre Annecy et Bourg-Saint-Maurice
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La belle vie
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Kuzco a toujours le sens de la pose… 😅

Il nous reste une bonne heure avant de reprendre le train pour Paris. On a le temps de boire une petite bière et de prendre conscience de ce qu’on avait réalisé en 3 jours. Et comme d’habitude, on finit toujours sur la même conclusion : c’était super et… à quand la prochaine ?!

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  • Publié le 6 février 2023
  • Texte et photos Marine Etoubleau & Thibault Pailloux